Fermer les portes, c’est essentiel. Mais si l’une d’elles cède malgré tout ? La quatrième semaine de notre Mois de la Cybersécurité pose la question qui suit : qu’est-ce qui redémarre, dans quel ordre, et en combien de temps ?
Résister ne veut pas dire empêcher toute attaque, mais continuer à servir ses clients pendant qu’on la traite. Ce guide présente quatre étapes que toute ETI, quel que soit son secteur, peut préparer à l’avance : identifier l’essentiel, sauvegarder et tester, prévoir un mode dégradé, savoir qui prévenir.
Un exemple ivoirien : l’activité maintenue pendant l’incident
Le 20 février 2026, Air Côte d’Ivoire a annoncé par communiqué une intrusion survenue dans la nuit du 8 février, ayant affecté « une partie de son système d’information ». Dès la détection, « les équipes techniques ont déployé le dispositif prévu sur le plan de continuité d’activités », permettant « la poursuite régulière, sans discontinuité, des vols et autres opérations de la compagnie ». La compagnie a saisi l’ANSSI et l’ARTCI, déposé plainte auprès de la PLCC, et les investigations ont été menées avec l’appui du CI-CERT et d’experts internationaux (communiqué reproduit par KOACI, 21 février 2026).
Cet exemple illustre l’objectif de la continuité d’activité : traiter l’incident d’un côté, maintenir le service de l’autre.
1. Identifier l’essentiel : savoir ce qui doit redémarrer en premier
Le plan de continuité d’activité (PCA)
C’est un document qui décrit comment l’entreprise continue de fonctionner quand un outil ou un système s’arrête. Il répond à trois questions : quelles activités sont vitales, combien de temps chacune peut rester à l’arrêt, et dans quel ordre elles redémarrent.
Situation type 1
Un lundi matin, le logiciel de gestion d’une entreprise est inaccessible. Sans plan, chaque service demande à être relancé en premier, et l’équipe informatique doit arbitrer dans l’urgence. Avec un plan, la décision est déjà prise : la facturation et les paiements d’abord, puis les commandes, puis le reste. L’équipe informatique sait par où commencer, et la direction sait quoi annoncer.
Le conseil d’Agilly
Réunissez les responsables de chaque service et dressez ensemble la liste des activités vitales. Pour chacune, fixez une durée d’arrêt acceptable et un ordre de redémarrage. Faites valider cette liste par la direction.
Savoir quoi relancer ne suffit pas : encore faut-il disposer des données pour le faire.
2. Sauvegarder, puis vérifier que la sauvegarde fonctionne
La sauvegarde isolée
Une sauvegarde est une copie des données qui permet de les retrouver en cas de perte. Une sauvegarde isolée est conservée à part du réseau de l’entreprise : si les systèmes sont touchés, cette copie ne l’est pas. La seule façon de savoir qu’une sauvegarde fonctionne est de tester sa restauration.
Situation type 2
Une entreprise copie chaque nuit ses données sur un disque branché en permanence à son serveur. Si le serveur est touché, ce disque peut l’être aussi. En ajoutant une copie isolée et en testant une restauration chaque trimestre, l’entreprise sait à partir de quelle date elle peut repartir, et en combien de temps.
Le conseil d’Agilly
Conservez au moins une copie de vos données hors du réseau de l’entreprise. Planifiez un test de restauration régulier, notez le temps qu’il a pris, et comparez-le à la durée d’arrêt acceptable fixée à l’étape 1.
Entre l’arrêt et la reprise, il faut pouvoir continuer à travailler.
3. Prévoir un mode dégradé : continuer, même sans informatique
Le mode dégradé
C’est une façon de fonctionner, plus lente mais suffisante, quand un outil habituel n’est pas disponible. Il s’applique aux systèmes de l’entreprise comme aux services extérieurs dont elle dépend : paiement mobile, opérateur, hébergeur, logiciel en ligne.
Situation type 3
Le système de facturation d’une entreprise est indisponible pour la journée. L’équipe dispose de bons de commande papier numérotés et de la liste imprimée des tarifs et des contacts clients. Les commandes sont prises à la main, puis saisies dans le système une fois celui-ci relancé. Les clients sont servis, et aucune commande n’est perdue.
Le conseil d’Agilly
Pour chaque activité vitale, prévoyez une solution de repli simple : formulaires papier, second moyen d’encaissement, accès de secours, liste des contacts imprimée. Vérifiez une fois par an que ces documents sont à jour et que les équipes savent où les trouver.
Reste à savoir, quand l’incident survient, qui alerter et dans quel ordre.
4. Savoir qui prévenir : une liste prête avant l’incident
La cellule de crise
C’est un petit groupe désigné à l’avance (direction, informatique, juridique, communication) qui prend les décisions pendant l’incident et parle d’une seule voix, en interne comme à l’extérieur.
Situation type 4
Un vendredi soir, un collaborateur constate que des fichiers partagés sont devenus illisibles. Sans préparation, on cherche des numéros de téléphone et chacun prévient qui il peut. Avec une fiche réflexe, il alerte le responsable désigné, la cellule se réunit, fait isoler les postes touchés, contacte le prestataire et l’assureur, et prépare un message pour les clients. Les signalements aux autorités sont faits par la personne prévue.
Le conseil d’Agilly
Rédigez une fiche d’une page : qui décide, qui appeler en interne, vos prestataires (informatique, hébergeur), votre assureur, les autorités (ANSSI et CI-CERT, ARTCI si des données personnelles sont concernées, PLCC pour porter plainte) et un premier message type pour vos clients. Imprimez-la : un incident peut rendre la messagerie inaccessible. Faites vérifier par votre juriste ou votre DPO les obligations de notification propres à votre secteur.
Et en Côte d’Ivoire ?
−25 %
Entre 2023 et 2024, le préjudice financier total lié à la cybercriminalité en Côte d’Ivoire est passé de 9,2 à 6,9 milliards de FCFA, alors que le nombre de plaintes passait de 8 132 à 12 100 (ANSSI Côte d’Ivoire, rapport 2024).
Le directeur général de l’ANSSI Côte d’Ivoire attribue notamment la baisse des pertes liées aux accès frauduleux à « une coopération accrue avec le secteur bancaire » (CIO Mag, 4 juin 2025). Signaler vite, et aux bons interlocuteurs, c’est limiter les dégâts.
L’expertise Agilly
Préparer la reprise avant l’incident
Notre démarche commence par un cadrage et un audit de l’existant : quelles activités sont vitales, comment les données sont sauvegardées, et en combien de temps l’entreprise peut réellement repartir. Nous mettons ensuite en place les moyens de la reprise, puis nous les testons dans le cadre de revues régulières.
Comment nous intervenons
- Des sauvegardes automatisées, chiffrées et régulièrement testées, avec nos partenaires Acronis et Veeam.
- Un plan de reprise d’activité, c’est-à-dire le scénario technique qui permet de relancer vos systèmes, avec un hébergement dans un datacenter certifié Tier III en Côte d’Ivoire.
- Un accompagnement à la réponse à incident : une équipe dédiée qui qualifie l’incident, contient l’attaque et pilote la reprise avec vous.
Mesurez votre capacité à redémarrer.
Demandez un diagnostic de continuité : nos experts évaluent vos sauvegardes, vos priorités de reprise et vos solutions de repli. Écrivez-nous : [email protected]
Semaine prochaine, place à Améliorer : comment faire pour que tout cela reste vrai dans six mois.
Sources
- « Air Côte d’Ivoire victime d’un incident de cybersécurité ayant affecté une partie de son système d’information », KOACI (21 février 2026) : https://www.koaci.com/article/2026/02/21/cote-divoire/societe/cote-divoire-air-cote-divoire-victime-dun-incident-de-cybersecurite-ayant-affecte-une-partie-de-son-systeme-dinformation-des-investigations-en-cours_194571.html
- ANSSI Côte d’Ivoire, rapport 2024 sur la cybercriminalité, présenté par CIO Mag (A. Akeko, 4 juin 2025) : https://cio-mag.com/cybercriminalite-en-cote-divoire-en-2024-les-points-saillants-du-rapport-de-lanssi-et-lanalyse-du-colonel-major-guelpetchin-ouattara/
- « Infractions via le numérique : plus de 12 mille plaintes en 2024 », Connectionivoirienne (3 juin 2025) : https://connectionivoirienne.net/2025/06/03/infractions-via-le-numerique-plus-de-12-mille-plaintes-en-2024-pour-69-milliards-de-fcfa-de-prejudice-financier-le-ministre-konate-previent-les-criminels-de-linternet/
- « Cybersécurité : la Côte d’Ivoire adopte un nouveau cadre légal », Osiris (28 avril 2025) : https://www.osiris.sn/cybersecurite-la-cote-d-ivoire-adopte-un-nouveau-cadre-legal.html
- « AGILLY, l’acteur ivoirien qui structure la cybersécurité et le cloud managé en Afrique de l’Ouest », Sika Finance : https://www.sikafinance.com/marches/agilly-l-acteur-ivoirien-qui-structure-la-cybersecurite-et-le-cloud-manage-en-afrique-de-l-ouest_63184
Les situations types sont des exemples fictifs, à but pédagogique ; elles ne décrivent pas des entreprises réelles.