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On ne protège bien que ce que l’on comprend. C’est le fil rouge de la première semaine de notre Mois de la Cybersécurité. Avant d’acheter un outil ou de renforcer une procédure, il faut savoir comment les attaquants entrent, ce qu’ils cherchent et pourquoi les protections classiques ne suffisent plus toujours. 

En clair : les cyberattaques de 2026 ne seront pas seulement plus techniques. Elles seront plus proches du quotidien des entreprises. Un appel crédible, un prestataire compromis, un outil d’IA mal encadré ou une faille connue mais oubliée. L’objectif de ce guide est simple : identifier les signaux à surveiller et les décisions prioritaires à prendre. 

Les failles connues sont devenues la première porte d’entrée 

Selon la synthèse Passwork du Verizon DBIR 2026, l’exploitation de vulnérabilités dépasse le vol d’identifiants. Comme point d’entrée : 31 % des violations de données, contre 20 % un an plus tôt. Cette évolution confirme une priorité simple : les failles connues, lorsqu’elles restent exposées, deviennent une porte d’entrée majeure. 

Le problème n’est pas la faille inconnue, c’est la faille connue et jamais corrigée. Les organisations n’ont entièrement corrigé que 26 % des vulnérabilités activement exploitées, avec un délai médian de 43 jours. Et 80 % des failles exploitées durablement avaient plus de deux ans. 

Le réflexe : ne pas chercher à tout corriger au même rythme. Priorisez d’abord les systèmes exposés sur Internet, VPN, pare-feu, messagerie, et les vulnérabilités déjà activement exploitées. Le catalogue public CISA KEV liste ces failles à traiter en priorité. 

Corriger ses failles ferme une porte technique. Mais l’attaquant dispose d’une autre entrée, bien plus difficile à verrouiller : vos collaborateurs. 

L’arnaque a quitté l’email pour le téléphone et la vidéo 

Dans les simulations d’hameçonnage analysées par Verizon, les appels et SMS frauduleux obtiennent un taux de clic d’environ 2 %, contre 1,4 % pour l’email : 40 % de succès en plus (Verizon DBIR 2026). La manipulation en direct, par téléphone ou message, est désormais à l’origine de 6 % des violations. 

L’IA franchit l’étape suivante. Concrètement, dans le cas Arup, un employé du service financier de Hong Kong a effectué 15 virements pour 25,6 millions de dollars après une visioconférence, où il pensait reconnaître son directeur financier et plusieurs collègues. En réalité, tous étaient des deepfakes. Ainsi, ce cas montre surtout une chose : lorsque la voix et l’image semblent confirmer une demande urgente, le doute humain peut être neutralisé. 

Le réflexe : une règle simple, connue de tous, sans exception pour l’urgence. Toute demande de virement, de changement de RIB ou de réinitialisation de mot de passe se vérifie par un contre-appel vers un numéro déjà connu, jamais celui fourni dans le message. 

Des équipes vigilantes protègent l’intérieur de l’entreprise. Reste une question souvent négligée : que se passe-t-il chez ceux qui y accèdent depuis l’extérieur ? 

L’arnaque a quitté l’email pour le téléphone et la vidé

Dans les simulations d’hameçonnage analysées par Verizon, les appels et SMS frauduleux obtiennent un taux de clic d’environ 2 %, contre 1,4 % pour l’email : 40 % de succès en plus (Verizon DBIR 2026). La manipulation en direct, par téléphone ou message, est désormais à l’origine de 6 % des violations. 

L’IA franchit l’étape suivante. Dans le cas Arup, un employé du service financier de Hong Kong a effectué 15 virements. Le montant total s’élevait à 25,6 millions de dollars. Tout est parti d’une visioconférence. Il pensait y reconnaître son directeur financier et plusieurs collègues. Tous étaient des deepfakes. Ce cas montre surtout une chose. Lorsque la voix et l’image semblent confirmer une demande urgente, le doute humain peut être neutralisé.

Le réflexe : une règle simple, connue de tous, sans exception pour l’urgence. Toute demande de virement, de changement de RIB ou de réinitialisation de mot de passe doit être vérifiée. Cette vérification passe par un contre-appel vers un numéro déjà connu. Jamais vers celui fourni dans le message. 

Des équipes vigilantes protègent l’intérieur de l’entreprise. Reste une question souvent négligée : que se passe-t-il chez ceux qui y accèdent depuis l’extérieur ? 

Votre fournisseur est devenu votre maillon faible 

Un tiers (prestataire, éditeur, partenaire) est impliqué dans 48 % des violations, contre 15 % deux ans plus tôt (Verizon DBIR 2026). Les causes sont banales : comptes cloud sans double authentification, droits excessifs, mots de passe faibles. Seuls 23 % des tiers concernés ont entièrement corrigé leurs failles de double authentification. 

Les identifiants restent le carburant de ces attaques. Même quand ils ne sont pas la porte d’entrée, ils apparaissent dans 39 % des chaînes d’attaque. 

Le réflexe : lister les prestataires qui ont un accès à vos systèmes, exiger la double authentification sur chacun de ces accès, et retirer ceux qui ne servent plus. Un questionnaire annuel ne suffit pas : un défaut côté fournisseur met souvent des mois à être corrigé. 

Failles, appels frauduleux, prestataires : ces portes d’entrée existaient déjà. Ce qui change, c’est la vitesse à laquelle les attaquants les exploitent. 

L’IA n’invente pas de nouvelles attaques : elle accélère les anciennes 

Première mesure réelle du phénomène : Anthropic a fourni au rapport Verizon les données de 793 acteurs malveillants bloqués entre mars 2025 et février 2026. En médiane, chacun utilisait l’IA sur 15 techniques d’attaque différentes. Dans les campagnes les plus poussées, ce nombre montait jusqu’à 40 à 50 techniques. 

Le constat est contre-intuitif : seules 2,5 % de ces attaques utilisaient des techniques rares. L’IA ne crée pas de menace inédite, elle permet de mener plus vite et en plus grand nombre des attaques déjà connues. 

Le réflexe : vos défenses actuelles restent valables, mais leur vitesse ne l’est plus. Ce qui compte désormais, c’est le délai entre l’intrusion et sa détection, d’où l’intérêt d’une supervision continue. 

Mais l’IA ne sert pas qu’aux attaquants. Utilisée sans cadre par vos propres équipes, elle ouvre une brèche d’un autre genre, sans aucune intention de nuire.

La fuite de données la plus discrète passe par vos propres salariés 

En un an, la part de salariés qui utilisent régulièrement l’IA générative sur leur poste de travail a triplé, de 15 % à 45 %. Et 67 % y accèdent avec un compte personnel, hors de tout contrôle de l’entreprise (Verizon DBIR 2026). 

Ce qui part dans ces outils est souvent sensible : du code source, puis des documents techniques et des données internes. Le risque ne vient pas d’une intention malveillante, mais d’un transfert invisible hors du contrôle de l’entreprise. 

Le réflexe : interdire ne fonctionne pas. Mieux vaut proposer un outil d’IA validé par l’entreprise, et fixer une règle claire sur les données qu’on ne colle jamais dans un outil externe : données clients, contrats, code, identifiants. 

Ces chiffres sont mondiaux. Ces tendances se retrouvent-elles chez nous ? 

Et en Côte d’Ivoire ?

Les mêmes tendances sont visibles localement. La PLCC a traité 12 100 affaires en 2024, contre 8 132 en 2023, pour un préjudice de 6,96 milliards de FCFA (rapport ANSSI 2024, via KOACI). 

Dominées par l’escroquerie en ligne (2 326 affaires), l’usurpation d’identité (1 638) et le piratage de comptes (1 205), ces infractions confirment que l’identité, les accès et la confiance dans les messages restent les premières cibles des attaquants.

Comprendre, c’est savoir où regarder

Aucune de ces menaces ne repose sur une technologie extraordinaire. Elles exploitent surtout ce que l’entreprise ne voit pas ou ne gouverne pas assez vite : une faille oubliée, un accès prestataire jamais retiré, une procédure de validation contournée ou un usage d’IA non encadré. L’enjeu est concret : le rançongiciel est présent dans 48 % des violations. 

Chaque menace renvoie à l’une des quatre questions que toute organisation devrait savoir trancher : 

Prenez une longueur d’avance sur les attaquants. Demandez une évaluation d’exposition externe pour identifier vos services visibles sur Internet, vos failles prioritaires et les accès à corriger en premier.

Nos experts vous transmettront un bilan clair et actionnable : [email protected]. 

La semaine prochaine, place à Détecter : comment repérer les premiers signaux d’une attaque avant qu’elle ne se transforme en incident majeur. 

Sources 

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